Le pramipexole est un agoniste dopaminergique sur ordonnance, c’est-à-dire un médicament qui active directement les récepteurs de la dopamine. Il a d’abord été commercialisé aux États-Unis sous le nom de Mirapex (Boehringer Ingelheim) et il est autorisé dans la maladie de Parkinson et dans le syndrome des jambes sans repos (SJSR) primaire modéré à sévère. La marque a été retirée du marché américain, mais des comprimés génériques à libération immédiate et à libération prolongée sont largement disponibles.
En dehors de la neurologie, le pramipexole est évoqué dans les milieux du culturisme comme alternative à la cabergoline pour abaisser la prolactine, l’hormone hypophysaire qui déclenche la production de lait. Il abaisse effectivement la prolactine chez l’humain. Cependant, il n’est autorisé pour aucun trouble de la prolactine, et aucune étude contrôlée chez l’humain ne l’a testé chez des utilisateurs de stéroïdes anabolisants.
Cette page résume ce que rapportent la notice de la FDA (agence américaine du médicament), les essais cliniques et les études de pharmacovigilance. Elle a une visée uniquement éducative et ne constitue pas un avis médical.
| Propriété | Détail |
|---|---|
| Classe médicamenteuse | Agoniste dopaminergique non ergoté (famille des récepteurs D2, affinité la plus forte pour D3) |
| Marques / autorisation | Mirapex, NDA 020667 (1997) ; Mirapex ER, NDA 022421 (2010) ; les deux marques sont retirées, des génériques sont commercialisés |
| Voie | Comprimé oral, à libération immédiate (LI) et à libération prolongée (LP) |
| Dosages | LI 0,125–1,5 mg ; LP 0,375–4,5 mg |
| Doses de la notice | Parkinson 1,5–4,5 mg/jour ; SJSR 0,125–0,5 mg une fois par jour, 2–3 h avant le coucher |
| Demi-vie (notice) | Environ 8 h chez l’adulte jeune en bonne santé ; environ 12 h chez la personne âgée |
| Élimination | Environ 90 % d’une dose retrouvés dans les urines, presque entièrement sous forme inchangée |
| Effet sur la prolactine | Abaisse la prolactine ; non autorisé dans l’hyperprolactinémie |
| Statut aux États-Unis | Sur ordonnance uniquement ; la notice n’indique aucune inscription de la DEA (agence américaine de lutte contre la drogue) comme substance contrôlée |
| AMA | Non cité dans la Liste des interdictions 2026 |
Qu’est-ce que c’est
Le pramipexole est un petit aminobenzothiazole de synthèse : formule C₁₀H₁₇N₃S, masse molaire 211,3 g/mol sous forme de base libre (PubChem). Les comprimés contiennent le sel dichlorhydrate monohydraté, de masse molaire 302,26 (notice du pramipexole).
La notice le décrit comme un agoniste complet de la sous-famille D2 des récepteurs dopaminergiques, se liant plus fortement à D3 qu’à D2 ou D4. Dans la maladie de Parkinson, il agirait en stimulant les récepteurs dopaminergiques du striatum, la région cérébrale qui perd son apport en dopamine. Dans l’hypophyse, la dopamine agissant sur les récepteurs D2 inhibe la libération de prolactine, ce qui explique pourquoi les agonistes dopaminergiques abaissent la prolactine (Samuels et al., Br J Clin Pharmacol 2007).
La FDA a autorisé les comprimés de Mirapex en juillet 1997 et le Mirapex ER en février 2010. Drugs@FDA indique désormais que les deux marques sont retirées ; pour la plupart des dosages de Mirapex LI, elle mentionne une décision de la FDA selon laquelle ils n’ont pas été retirés pour des raisons de sécurité ou d’efficacité (Drugs@FDA, NDA 020667 ; Drugs@FDA, NDA 022421).
Le pramipexole est souvent comparé à la cabergoline, l’agoniste dopaminergique réellement autorisé en cas de prolactine élevée :
| Caractéristique | Pramipexole | Cabergoline |
|---|---|---|
| Classe chimique | Non ergoté | Dérivé de l’ergot de seigle |
| Indication aux États-Unis | Maladie de Parkinson ; SJSR | Troubles hyperprolactinémiques |
| Demi-vie | Environ 8–12 h | 63–69 h (données urinaires, 12 sujets sains) |
| Signal valvulaire cardiaque dans les études de 2007 | Non observé | Augmenté |
Sources du tableau : la notice du pramipexole, la notice de la cabergoline et les études sur les valves présentées plus bas dans la section sur les effets indésirables.
Pharmacocinétique
D’après la notice de la forme à libération immédiate :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Biodisponibilité absolue | Plus de 90 % |
| Délai jusqu’au pic (LI) | Environ 2 h ; la nourriture le retarde d’environ 1 h sans modifier l’absorption totale |
| Délai jusqu’au pic (LP) | Environ 6 h |
| Liaison aux protéines | Environ 15 % |
| Volume de distribution | Environ 500 L |
| Métabolisme | Moins de 10 % |
| Élimination | Environ 90 % dans les urines, presque entièrement sous forme inchangée |
| Clairance rénale | Environ 400 mL/min, soit environ 3× le débit de filtration (sécrétion tubulaire active) |
| Demi-vie | Environ 8 h (adultes jeunes) ; environ 12 h (personnes âgées) |
| État d’équilibre | En 2 jours (LI) ; en 5 jours (LP) |
Comme les reins éliminent la quasi-totalité du médicament, la fonction rénale détermine l’exposition. La clairance était inférieure d’environ 60 % en cas d’insuffisance rénale modérée (clairance de la créatinine ≈ 40 mL/min) et d’environ 75 % en cas d’insuffisance sévère (≈ 20 mL/min). La notice prévoit donc des doses plus faibles et moins fréquentes en cas de maladie rénale. La clairance est aussi inférieure d’environ 30 % après 65 ans, ce qui explique la demi-vie plus longue chez la personne âgée.
Le comprimé à libération prolongée se prend une fois par jour. Chez des volontaires sains, 4,5 mg LP une fois par jour équivalaient à 1,5 mg LI trois fois par jour pour le pic et l’exposition sur 24 heures (notice de la forme LP).
Usage médical autorisé
Maladie de Parkinson
La notice de la forme LI débute à 0,375 mg/jour en trois prises et n’augmente la dose qu’à intervalles d’au moins 5–7 jours :
| Semaine | Dose | Dose quotidienne totale |
|---|---|---|
| 1 | 0,125 mg trois fois par jour | 0,375 mg |
| 2 | 0,25 mg trois fois par jour | 0,75 mg |
| 3 | 0,5 mg trois fois par jour | 1,5 mg |
| 4 | 0,75 mg trois fois par jour | 2,25 mg |
| 5 | 1 mg trois fois par jour | 3,0 mg |
| 6 | 1,25 mg trois fois par jour | 3,75 mg |
| 7 | 1,5 mg trois fois par jour | 4,5 mg |
La fourchette d’entretien prévue par la notice est de 1,5–4,5 mg/jour. Dans une étude à dose fixe, 3 ; 4,5 et 6 mg/jour n’ont apporté aucun bénéfice significatif au-delà de 1,5 mg/jour, alors que plusieurs effets indésirables augmentaient avec la dose. Le comprimé LP débute à 0,375 mg une fois par jour, jusqu’à un maximum de 4,5 mg/jour.
À l’arrêt, la notice prévoit une diminution de 0,75 mg/jour jusqu’à ce que la dose atteigne 0,75 mg/jour, puis de 0,375 mg/jour. L’objectif est de réduire le risque d’une réaction ressemblant au syndrome malin des neuroleptiques (fièvre, rigidité, confusion).
Syndrome des jambes sans repos
Pour le SJSR, seul le comprimé LI figure dans la notice. La dose est de 0,125 mg une fois par jour, 2–3 heures avant le coucher, augmentée si nécessaire tous les 4–7 jours à 0,25 mg puis à 0,5 mg. Certains patients ont reçu 0,75 mg en ouvert, mais la notice indique qu’aucune preuve ne montre un bénéfice supplémentaire par rapport à 0,5 mg.
Ce que montre la recherche
Maladie de Parkinson
La notice résume les principaux essais contrôlés contre placebo. L’UPDRS est l’échelle d’évaluation de référence de la maladie de Parkinson : la partie II couvre les activités quotidiennes (pire score 52) et la partie III les signes moteurs (pire score 108).
| Essai | n | Méthodologie | Pramipexole | Placebo |
|---|---|---|---|---|
| MP débutante, dose flexible | 335 | Titration sur 7 semaines, entretien de 6 mois, jusqu’à 4,5 mg/jour | UPDRS II −1,9 ; III −5,0 | UPDRS II +0,4 ; III +0,8 |
| MP débutante, dose fixe | 264 | 1,5 ; 3 ; 4,5 ou 6 mg/jour ; entretien de 4 semaines | UPDRS II −1,8 ; III −4,2 | UPDRS II −0,3 ; III −0,6 |
| MP avancée, sous lévodopa | 360 | Titration sur 7 semaines, entretien de 6 mois | UPDRS II −2,7 ; III −5,6 ; temps « off » 6 → 4 h/jour | UPDRS II −0,5 ; III −2,8 ; temps « off » resté à 6 h/jour |
Les valeurs négatives correspondent à des améliorations. Toutes les différences étaient statistiquement significatives. L’essai à dose fixe n’a montré aucune relation dose-réponse, et dans l’essai sur la maladie avancée les doses de lévodopa ont été réduites en moyenne de 27 %.
Syndrome des jambes sans repos
Dans un essai à dose fixe de 12 semaines portant sur 344 patients, les trois doses ont fait mieux que le placebo sur l’échelle internationale d’évaluation du SJSR (IRLS, 0–40) et sur l’amélioration globale évaluée par le clinicien :
| Bras | n | Variation de l’IRLS | Nettement ou très nettement amélioré |
|---|---|---|---|
| 0,25 mg | 88 | −13,1 | 74,7 % |
| 0,5 mg | 79 | −13,4 | 67,9 % |
| 0,75 mg | 87 | −14,4 | 72,9 % |
| Placebo | 85 | −9,4 | 51,2 % |
Il n’y avait pas de relation dose-réponse claire entre les trois doses.
Baisse de la prolactine chez l’humain
L’effet du pramipexole sur la prolactine est bien documenté, mais uniquement dans de courtes études chez des volontaires sains :
- Faibles doses uniques. Dans une étude randomisée en double aveugle en crossover chez 12 volontaires sains, des doses uniques de 0,1 ; 0,2 et 0,3 mg ont abaissé la prolactine de façon dose-dépendante, avec un effet maximal 2–4 heures après la prise. L’hormone de croissance a augmenté brièvement (Schilling et al., Clin Pharmacol Ther 1992).
- Dose unique de 0,5 mg. Deux études en double aveugle contrôlées contre placebo, chacune chez 16 hommes en bonne santé, ont montré que 0,5 mg abaissait la prolactine et augmentait l’hormone de croissance. La dose réduisait aussi la vigilance (Samuels et al., J Psychopharmacol 2006 ; Samuels et al., Br J Clin Pharmacol 2007).
La notice ajoute que le pramipexole « inhibe la sécrétion de prolactine chez l’humain » ; on s’attend donc à ce qu’il supprime la production de lait maternel. Chez le rat, la baisse de la prolactine a perturbé l’implantation et le début de la gestation.
Ces études montrent le sens de l’effet, pas un traitement. Aucun essai randomisé n’a testé le pramipexole dans l’hyperprolactinémie ou les tumeurs hypophysaires sécrétant de la prolactine. Les données humaines pour cet usage se limitent à des cas cliniques, comme celui d’un homme atteint de schizophrénie dont l’hyperprolactinémie et la dysfonction sexuelle liées à la rispéridone ont été traitées par du pramipexole à faible dose (Ishitobi et al., J Clin Psychopharmacol 2011). L’agoniste dopaminergique autorisé aux États-Unis pour ces affections est la cabergoline.
Dépression résistante au traitement (expérimental)
L’essai PAX-D a randomisé 151 adultes atteints d’une dépression n’ayant pas répondu aux antidépresseurs entre le pramipexole (titré jusqu’à 2,5 mg/jour) et un placebo, en plus de leur antidépresseur habituel (Browning et al., Lancet Psychiatry 2025) :
| Critère à la semaine 12 | Pramipexole | Placebo |
|---|---|---|
| Baisse du score de dépression QIDS-SR16 (depuis ≈ 16) | 6,4 points | 2,4 points |
| Différence entre les groupes | −3,91 (IC à 95 % −5,37 à −2,45) | — |
| Arrêt du traitement en raison d’événements indésirables | 20 % | 5 % |
Les effets indésirables les plus fréquents étaient les nausées, les maux de tête et les troubles du sommeil ou la somnolence. La dépression n’est pas une indication autorisée.
Fonction sexuelle et usage avec les stéroïdes anabolisants
À propos du pramipexole comme médicament « anti-prolactine » ou « anti-gyno ». Le pramipexole est parfois recommandé en ligne aux utilisateurs de nandrolone ou de trenbolone, soit pour contrôler la prolactine, soit pour améliorer la libido et les érections. Nous n’avons trouvé aucune étude contrôlée chez l’humain sur le pramipexole chez des utilisateurs de stéroïdes anabolisants, dans la gynécomastie ou sur la fonction sexuelle d’hommes en bonne santé. Le pramipexole n’est pas un SERM et ne bloque pas les œstrogènes.
Ce que montrent réellement les données :
- Données animales. Chez le rat et la souris, les agonistes à préférence D3, dont le pramipexole, induisent des érections péniennes et des bâillements, effets bloqués par un antagoniste D3 (Collins et al., J Pharmacol Exp Ther 2009). Ce sont des résultats animaux, qui ne montrent pas de bénéfice chez l’humain.
- Données de la notice chez des patients. Dans les essais sur la maladie de Parkinson débutante, une impuissance a été rapportée chez 2 % des patients sous pramipexole vs 1 % sous placebo, et une baisse de la libido chez 1 % vs 0 %.
- Hypersexualité. Le comportement sexuel compulsif est un effet indésirable reconnu de type trouble du contrôle des impulsions (voir ci-dessous) ; c’est un effet nocif, et non un effet thérapeutique.
- Prolactine chez les utilisateurs de stéroïdes. Une étude transversale portant sur 60 pratiquants de salle de sport à Bagdad a trouvé une prolactine plus élevée chez les 30 utilisateurs de stéroïdes anabolisants que chez les 30 non-utilisateurs (Qasim Ali et al., Steroids 2024). Elle ne permettait pas de déterminer quel produit était en cause ni si cette hausse provoquait des symptômes.
Effets indésirables et risques
Le pramipexole n’a pas d’avertissement encadré (boxed warning) ni de contre-indication listée. Sa section de mises en garde est cependant longue, et plusieurs des risques sont graves.
Endormissement sans signe avant-coureur
Des patients sous pramipexole se sont endormis pendant des activités quotidiennes, y compris en conduisant, provoquant parfois des accidents. Certains n’avaient ressenti aucune somnolence auparavant, et certains épisodes sont survenus jusqu’à un an après le début du traitement. La somnolence est fréquente aux doses utilisées dans la maladie de Parkinson au-delà de 1,5 mg/jour. Dans les essais sur le SJSR à 0,25–0,75 mg/jour, elle est survenue chez 6 % des patients vs 3 % sous placebo. Les médicaments sédatifs, l’alcool et les médicaments qui augmentent les taux de pramipexole majorent le risque.
Troubles du contrôle des impulsions
Les agonistes dopaminergiques peuvent provoquer un jeu pathologique, une hypersexualité, des achats compulsifs et des crises de boulimie. Les personnes concernées ne reconnaissent souvent pas ces comportements comme un effet du médicament.
| Étude | Méthodologie | Résultat |
|---|---|---|
| Weintraub et al., Arch Neurol 2010 | 3 090 patients parkinsoniens, 46 centres | Un trouble du contrôle des impulsions chez 17,1 % des patients sous agoniste dopaminergique vs 6,9 % sans (OR 2,72, IC à 95 % 2,08–3,54) ; pramipexole 17,7 % vs ropinirole 15,5 % (différence non significative) |
| Bostwick et al., Mayo Clin Proc 2009 | 267 patients parkinsoniens, revue de dossiers | Jeu pathologique ou hypersexualité nouvellement apparus chez 7 des 38 patients (18,4 %) recevant des doses thérapeutiques d’agoniste (≥ 2 mg/jour de pramipexole ou ≥ 6 mg/jour de ropinirole) ; aucun sous lévodopa seule |
| Moore et al., JAMA Intern Med 2014 | Déclarations d’événements indésirables à la FDA, 2003–2012 | Le signal le plus fort parmi les agonistes dopaminergiques concernait le pramipexole : 410 déclarations, rapport de déclaration proportionnel de 455,9 |
Dans la série de la Mayo Clinic, les comportements se sont atténués après l’arrêt ou la réduction de l’agoniste. La notice recommande d’interroger directement les patients sur l’apparition de nouvelles envies et d’envisager une réduction de dose ou un arrêt.
Hallucinations et psychose
Dans les essais contrôlés contre placebo de la notice, des hallucinations sont survenues chez :
- 9 % des patients vs 2,6 % sous placebo dans la maladie de Parkinson débutante ;
- 16,5 % vs 3,8 % dans la maladie avancée (avec lévodopa) ;
- 1 patient sur 889 dans le programme sur le SJSR.
Le risque augmentait avec l’âge. La notice indique que les personnes atteintes d’un trouble psychotique majeur ne doivent en principe pas être traitées par agonistes dopaminergiques.
Effets indésirables fréquents
D’après les essais regroupés sur le SJSR (575 patients sous 0,125–0,75 mg/jour vs 223 sous placebo, jusqu’à 12 semaines) :
| Effet indésirable | Pramipexole | Placebo |
|---|---|---|
| Nausées | 16 % | 5 % |
| Maux de tête | 16 % | 15 % |
| Fatigue | 9 % | 7 % |
| Somnolence | 6 % | 3 % |
| Constipation | 4 % | 1 % |
| Sécheresse buccale | 3 % | 1 % |
Les nausées dépendaient de la dose : 11 % à 0,25 mg, 19 % à 0,5 mg et 27 % à 0,75 mg, vs 5 % sous placebo. Dans la maladie de Parkinson débutante, à des doses plus élevées, les plus fréquents étaient les nausées (28 % vs 18 %), la somnolence (22 % vs 9 %), l’insomnie (17 % vs 12 %) et la constipation (14 % vs 6 %).
Pression artérielle et fréquence cardiaque
Les agonistes dopaminergiques peuvent provoquer une hypotension orthostatique (chute de la pression artérielle en position debout), surtout pendant l’augmentation de la dose. Dans une étude chez 60 volontaires sains titrés plus rapidement que ne le permet la notice, la pression artérielle et le pouls en position couchée ont au contraire augmenté d’environ 10/7 mmHg et 10 battements/min par rapport au placebo.
Valves cardiaques et fibrose
Les lésions valvulaires associées aux agonistes dérivés de l’ergot de seigle comme la cabergoline n’ont pas été démontrées pour le pramipexole :
- Dans une étude échocardiographique, une insuffisance valvulaire modérée à sévère a été retrouvée chez 28,6 % des utilisateurs de cabergoline, 0 % des 42 patients sous agonistes non ergotés et 5,6 % des témoins (Zanettini et al., NEJM 2007).
- Dans une étude cas-témoins britannique, l’insuffisance valvulaire était augmentée avec le pergolide et la cabergoline, mais pas avec les autres agonistes dopaminergiques (Schade et al., NEJM 2007).
La notice mentionne néanmoins des déclarations après commercialisation de possibles fibroses péritonéales, pleurales et pulmonaires sous pramipexole, sans preuve de causalité.
Arrêt du médicament : sevrage, rebond et augmentation
- Symptômes de sevrage. Apathie, anxiété, dépression, fatigue, insomnie, transpiration et douleurs ont été rapportées pendant la diminution progressive ou après l’arrêt. Ils ne répondent généralement pas à la lévodopa.
- Rebond du SJSR. Dans un essai de 26 semaines, les symptômes se sont aggravés au-delà de l’état initial après un arrêt brutal chez 10 % des patients vs 2 % sous placebo.
- Augmentation du SJSR (symptômes apparaissant plus tôt dans la journée, plus intenses et plus étendus) : rapportée chez 12 % vs 9 % sous placebo, et en hausse avec la durée d’exposition.
Rétine (données animales)
Chez des rats albinos, deux ans de pramipexole ont provoqué une dégénérescence des cellules rétiniennes photosensibles. Cela n’a pas été observé chez des rats pigmentés, des souris, des singes ni des miniporcs. Une étude de deux ans chez l’humain comparant le pramipexole au ropinirole n’a trouvé aucune différence entre les médicaments, mais elle n’avait pas de groupe placebo et ne pouvait détecter que de grandes différences.
Interactions
- Les antagonistes de la dopamine, comme les antipsychotiques et le métoclopramide, peuvent réduire l’effet du pramipexole.
- La cimétidine a augmenté l’exposition au pramipexole (ASC) de 50 % et sa demi-vie de 40 %, en bloquant sa sécrétion rénale.
- D’autres médicaments sécrétés par la même voie rénale (par exemple la ranitidine, le diltiazem, le vérapamil, la quinidine) ont réduit la clairance du pramipexole d’environ 20 % dans les analyses de population.
- Lévodopa : le pramipexole a augmenté les pics de lévodopa d’environ 40 %.
Grossesse et allaitement
Il n’existe pas de données adéquates sur la grossesse chez l’humain. Chez le rat, le pramipexole a provoqué des pertes embryonnaires, attribuées à la suppression de la prolactine (le rat a besoin de prolactine en début de gestation, l’humain non), et a ralenti la croissance des petits. Une baisse de la production de lait est attendue.
Statut légal et usage en dehors de la médecine
Aux États-Unis, le pramipexole est un médicament soumis à prescription. Sa notice n’indique aucune inscription par la DEA, et il n’est pas cité dans la Liste des interdictions 2026 de l’AMA (Agence mondiale antidopage). Les produits obtenus en dehors du circuit pharmaceutique réglementé ne sont pas soumis aux contrôles de qualité de la FDA concernant leur identité ou leur dose.
Points clés
- Un médicament de neurologie autorisé. Le pramipexole est un agoniste dopaminergique non ergoté autorisé dans la maladie de Parkinson et le syndrome des jambes sans repos, désormais vendu aux États-Unis uniquement sous forme de génériques.
- Il abaisse la prolactine, mais ce n’est pas un usage autorisé. Les études chez des volontaires sains confirment l’effet. Aucun essai ne l’a testé dans l’hyperprolactinémie, la gynécomastie ou chez des utilisateurs de stéroïdes anabolisants ; la cabergoline est le médicament autorisé pour la prolactine.
- Demi-vie courte, dépendante des reins. Environ 8 heures chez l’adulte jeune et 12 chez la personne âgée, la quasi-totalité du médicament étant excrétée sous forme inchangée dans les urines.
- Les accès de sommeil et les troubles du contrôle des impulsions sont les principaux risques. Environ 1 patient parkinsonien sur 6 sous agoniste dopaminergique présentait un trouble du contrôle des impulsions dans la plus grande enquête, et le pramipexole avait le signal le plus fort parmi les agonistes dopaminergiques dans les déclarations d’événements indésirables à la FDA.
- Aucun signal valvulaire comparable à celui de la cabergoline. De grandes études de 2007 ont associé les lésions valvulaires aux agonistes ergotés, et non aux médicaments non ergotés comme le pramipexole.
- L’arrêt demande des précautions. La notice prévoit une diminution progressive, et le sevrage, le rebond et l’augmentation du SJSR sont documentés.
Sources
- Torrent Pharmaceuticals. Pramipexole dihydrochloride tablets, prescribing information (révisée en 2026). DailyMed.
- Ingenus Pharmaceuticals. Pramipexole dihydrochloride extended-release tablets, prescribing information (révisée en 2025). DailyMed.
- Food and Drug Administration. Drugs@FDA: Mirapex (pramipexole dihydrochloride), NDA 020667. FDA.
- Food and Drug Administration. Drugs@FDA: Mirapex ER (pramipexole dihydrochloride), NDA 022421. FDA.
- National Center for Biotechnology Information. Pramipexole, PubChem CID 119570. PubChem.
- Teva Pharmaceuticals USA. Cabergoline tablets, prescribing information. DailyMed.
- Schilling JC, Adamus WS, Palluk R. Neuroendocrine and side effect profile of pramipexole, a new dopamine receptor agonist, in humans. Clin Pharmacol Ther. 1992;51(5):541–548. PubMed.
- Samuels ER, Hou RH, Langley RW, et al. Comparison of pramipexole and modafinil on arousal, autonomic, and endocrine functions in healthy volunteers. J Psychopharmacol. 2006;20(6):756–770. PubMed.
- Samuels ER, Hou RH, Langley RW, et al. Comparison of pramipexole with and without domperidone co-administration on alertness, autonomic, and endocrine functions in healthy volunteers. Br J Clin Pharmacol. 2007;64(5):591–602. PubMed.
- Ishitobi M, Kosaka H, Shukunami K, et al. Adjunctive treatment with low-dosage pramipexole for risperidone-associated hyperprolactinemia and sexual dysfunction in a male patient with schizophrenia. J Clin Psychopharmacol. 2011;31(2):243–245. PubMed.
- Browning M, Cowen PJ, Galal U, et al. Pramipexole augmentation for the acute phase of treatment-resistant, unipolar depression: a placebo-controlled, double-blind, randomised trial in the UK. Lancet Psychiatry. 2025;12(8):579–589. PubMed.
- Collins GT, Truccone A, Haji-Abdi F, et al. Proerectile effects of dopamine D2-like agonists are mediated by the D3 receptor in rats and mice. J Pharmacol Exp Ther. 2009;329(1):210–217. PubMed.
- Qasim Ali L, Alshammary RAA, Ghazi Alshammary A, Jouda J. A hormonal side effect of anabolic steroids among a sample of Baghdad male bodybuilders. Steroids. 2024;209:109465. PubMed.
- Weintraub D, Koester J, Potenza MN, et al. Impulse control disorders in Parkinson disease: a cross-sectional study of 3090 patients. Arch Neurol. 2010;67(5):589–595. PubMed.
- Bostwick JM, Hecksel KA, Stevens SR, et al. Frequency of new-onset pathologic compulsive gambling or hypersexuality after drug treatment of idiopathic Parkinson disease. Mayo Clin Proc. 2009;84(4):310–316. PubMed.
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- Schade R, Andersohn F, Suissa S, et al. Dopamine agonists and the risk of cardiac-valve regurgitation. N Engl J Med. 2007;356(1):29–38. PubMed.
- World Anti-Doping Agency. World Anti-Doping Code International Standard: Prohibited List 2026. Liste des interdictions 2026 de l’AMA.