La thymosine alpha-1 (Tα1) est un peptide de 28 acides aminés isolé pour la première fois du thymus de veau en 1977. Sa version de synthèse, la thymalfasine, est commercialisée sous le nom de marque Zadaxin dans un certain nombre de pays hors des États-Unis, principalement pour l’hépatite B chronique et en complément de la vaccination antigrippale chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Aux États-Unis, elle est vendue en ligne et par certaines pharmacies de préparation, avec des promesses allant de l’hépatite et de la COVID-19 à la maladie de Lyme et à la fatigue chronique (document d’information de la FDA, 2024).
Le fait le plus important : la thymosine alpha-1 n’est pas autorisée par la FDA, et le plus grand essai contrôlé contre placebo jamais mené, chez 1 106 adultes atteints de sepsis, n’a montré aucun effet sur la survie. En 2024, les évaluateurs de la FDA (agence américaine du médicament) ont conclu à un manque de preuves de son efficacité pour chacun des 12 usages examinés, et un comité consultatif de la FDA a voté à 17 voix contre 4 contre l’autorisation de sa préparation magistrale en pharmacie. Nous n’avons trouvé aucune étude chez l’humain l’évaluant pour la croissance musculaire, la récupération ou la performance sportive.
Cette page résume ce que rapportent l’évaluation de la FDA, les notices étrangères et les essais cliniques. Elle a une visée uniquement éducative et ne constitue pas un avis médical.
| Propriété | Détail |
|---|---|
| Classe | Peptide thymique naturel ; immunomodulateur (modificateur du système immunitaire) |
| Autres noms | Thymalfasine (forme de synthèse), Zadaxin (marque), Tα1, Ta1 |
| Structure | 28 acides aminés, acétylé à l’extrémité initiale ; C₁₂₉H₂₁₅N₃₃O₅₅, 3 108,3 g/mol (FDA) |
| Voie et dose étudiée | Injection sous-cutanée ; 1,6 mg deux fois par semaine dans la plupart des essais sur l’hépatite ; 1,6 mg toutes les 12 h pendant 7 jours dans le plus grand essai sur le sepsis |
| Demi-vie (humain) | Environ 2 h après injection sous-cutanée (moyennes de 1,8–2,6 h chez des volontaires sains) |
| Autorisation | Non autorisée par la FDA ; autorisée dans plusieurs autres pays, par ex. l’Italie (adjuvant du vaccin antigrippal), l’Inde et l’Indonésie (hépatite B chronique) |
| Préparation magistrale aux États-Unis | Absente de la liste 503A des substances en vrac ; le comité consultatif de la FDA a voté à 17 contre 4 contre son ajout (2024) ; inscrite sur la liste de la FDA des substances pouvant présenter des risques de sécurité importants (2026) |
| AMA | Non nommée sur la Liste des interdictions 2026 |
Qu’est-ce que c’est
Origine et structure
L’équipe d’Allan Goldstein a purifié la thymosine alpha-1 à partir de la « fraction 5 de thymosine », un extrait de thymus de veau, et l’a séquencée en 1977. Elle l’a décrite comme un peptide thermostable, très acide, de 28 acides aminés (Goldstein et al., PNAS 1977). En 1984, des chercheurs ont découvert que le thymus ne stocke pas réellement la Tα1 telle quelle. Il contient une protéine plus grande d’environ 112 acides aminés, la prothymosine alpha, dont les 28 premiers acides aminés correspondent à la séquence de la Tα1. La Tα1 semble en être clivée au cours du processus d’extraction (Haritos et al., PNAS 1984).
La forme médicamenteuse, la thymalfasine, est produite par synthèse chimique en phase solide et a la même séquence que le peptide naturel. La FDA indique la formule C₁₂₉H₂₁₅N₃₃O₅₅ et une masse moléculaire de 3 108,3 g/mol. Comme elle contient de nombreux résidus d’acide aspartique et glutamique, elle est fortement acide, avec un point isoélectrique de 4,2 (document d’information de la FDA, 2024). Les adultes en bonne santé en ont de faibles taux sanguins naturels, d’environ 0,1–1 ng/mL.
À ne pas confondre avec les autres « peptides du thymus »
Plusieurs peptides sans rapport entre eux sont vendus sous des noms semblables. Ils diffèrent par leur taille, leur structure et le niveau de preuve, et les résultats obtenus pour l’un ne peuvent pas être appliqués aux autres :
| Peptide | Nature | Page de la bibliothèque |
|---|---|---|
| Thymosine alpha-1 (thymalfasine) | 28 acides aminés ; immunomodulateur ; autorisée à l’étranger sous le nom de Zadaxin | Cette page |
| Thymosine bêta-4 / TB-500 | La thymosine bêta-4 est un peptide de 43 acides aminés également purifié à partir de la fraction 5 de thymosine (Low et al., PNAS 1981). Le TB-500 en est un court fragment de synthèse | TB-500 (thymosine bêta-4) |
| Thymuline | Hormone thymique (facteur thymique sérique) active uniquement lorsqu’elle est liée au zinc (Dardenne et al., PNAS 1982) | Thymuline |
| Thymaline | Mélange de peptides naturels extraits du thymus de veau, développé en Russie (Morozov et Khavinson 1997) | Thymaline |
| Thymagen (Thymogen) | Dipeptide de synthèse (acide glutamique–tryptophane) isolé à l’origine de la thymaline (Morozov et Khavinson 1997) | Thymagen |
Malgré le nom commun de « thymosine », la thymosine alpha-1 (28 acides aminés) et la thymosine bêta-4 (43 acides aminés) sont des molécules différentes. Le nom reflète seulement le fait que toutes deux ont d’abord été purifiées à partir du même extrait de thymus de veau.
Mécanisme proposé
La plupart des données sur le mécanisme proviennent de cultures cellulaires et de souris. L’évaluation de la FDA a résumé ainsi les effets rapportés (document d’information de la FDA, 2024) :
- une activité accrue des cellules tueuses naturelles (NK), qui tuent les cellules infectées et tumorales ;
- une orientation des lymphocytes T auxiliaires vers le type Th1, avec davantage d’interleukine-2 et d’interféron gamma ;
- davantage de lymphocytes T CD8+ cytotoxiques ;
- l’activation des cellules dendritiques, les cellules qui présentent les antigènes pour déclencher une réponse immunitaire.
Dans des études chez la souris, la Tα1 a activé les cellules dendritiques via la signalisation des récepteurs Toll-like, la famille de récepteurs qui détecte les bactéries, les champignons et les virus (Romani et al., Blood 2004). La FDA a averti que la plupart des études chez l’animal utilisaient des doses bien supérieures aux doses humaines. Un effet anti-VIH in vitro nécessitait des concentrations environ 2 000 fois plus élevées que les pics sanguins atteints avec la dose habituelle de 1,6 mg.
Pharmacocinétique
L’étude clé chez l’humain a administré 900 µg/m² de surface corporelle (doses réelles de 1,6–2,2 mg) par voie sous-cutanée à neuf volontaires sains. Elle a comparé trois produits, dont Zadaxin, selon un plan croisé avec doses uniques et 5 jours d’administration quotidienne (Rost et al., Int J Clin Pharmacol Ther 1999) :
| Mesure | Résultat |
|---|---|
| Délai jusqu’au pic | 1–2 h |
| Concentration maximale | 30–80 µg/L (ng/mL), contre des taux naturels le plus souvent inférieurs à 0,1 µg/L |
| Demi-vie d’élimination | Moins de 3 h (moyennes selon le produit de 1,8–2,6 h) |
| Volume de distribution | 30–40 L, compatible avec une diffusion dans le liquide extracellulaire |
| Accumulation en administration quotidienne | Aucune observée sur 5 jours |
| Effet du produit | L’exposition était plus élevée avec l’un des trois produits (Timosina) |
La FDA a résumé les données humaines par un délai jusqu’au pic d’environ 2 heures et une demi-vie sérique d’environ 2 heures (document d’information de la FDA, 2024). Les taux sanguins reviennent près de la valeur initiale en une journée. La plupart des essais n’administraient pourtant le produit que deux fois par semaine ; pendant la majeure partie de chaque intervalle entre les doses, il ne reste donc que peu ou pas de produit dans le sang.
Statut réglementaire
Hors des États-Unis
L’évaluation de la FDA, citant des bases de données étrangères sur les médicaments, mentionne des autorisations de Zadaxin ou de la thymalfasine, notamment (document d’information de la FDA, 2024) :
- Italie : injection de 1,6 mg comme adjuvant de la vaccination antigrippale chez les personnes immunodéprimées, deux fois par semaine pendant 4 semaines après chaque dose de vaccin ;
- Inde et Indonésie : hépatite B chronique chez l’adulte avec maladie hépatique compensée et réplication virale active ; la notice indonésienne indique 1,6 mg deux fois par semaine pendant 6 mois ;
- Hong Kong : produit autorisé répertorié ;
- Singapour et Mexique : les monographies du produit mentionnent l’hépatite B chronique, plus l’hépatite C à Singapour et l’usage comme adjuvant du vaccin antigrippal au Mexique.
Les rapports du fabricant décrivent d’autres autorisations en Asie, en Amérique latine, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, que la FDA a dit ne pas pouvoir vérifier de manière indépendante. La Tα1 ne figure ni dans la Pharmacopée européenne ni dans la Pharmacopée japonaise. L’EMA lui a accordé la désignation de médicament orphelin pour le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie), ce qui soutient son développement mais ne constitue pas une autorisation de mise sur le marché.
États-Unis
La thymosine alpha-1 n’entre dans la composition d’aucun médicament autorisé par la FDA. Elle détient quatre désignations américaines de médicament orphelin, qui ne sont pas non plus des autorisations (document d’information de la FDA, 2024).
- Évaluation pour la préparation magistrale, 2024. La FDA a évalué la thymosine alpha-1 et son sel d’acétate pour la liste des substances en vrac que les pharmacies peuvent utiliser en préparation magistrale au titre de la section 503A. Les évaluateurs ont jugé ces substances mal caractérisées et ont soulevé des inquiétudes quant à l’immunogénicité (le risque que l’organisme forme des anticorps contre le peptide). Ils ont conclu à un manque de preuves d’efficacité pour l’hépatite B, l’hépatite C, le VIH, la COVID-19, la réponse vaccinale, le mélanome, le cancer du foie, le cancer du poumon, le sepsis, les infections après greffe de cellules souches, la BPCO et le syndrome de fatigue chronique.
- Vote du comité consultatif. Le 4 décembre 2024, le Pharmacy Compounding Advisory Committee a voté à 17 contre 4 contre l’ajout de la base libre et à 17 contre 4 contre l’ajout de l’acétate. Plusieurs membres ayant voté non ont déclaré qu’il n’existait pas de preuve convaincante d’efficacité et de sécurité (compte rendu de la FDA).
- Liste des risques de sécurité. Dans sa mise à jour du 22 avril 2026, la liste de la FDA des substances en vrac pouvant présenter des risques de sécurité importants inclut la thymosine alpha-1, en invoquant l’immunogénicité, les impuretés peptidiques et des informations de sécurité insuffisantes (FDA).
Sport
La thymosine alpha-1 n’est pas nommée sur la Liste des interdictions 2026 de l’AMA (Agence mondiale antidopage), qui nomme en revanche la thymosine bêta-4 et le TB-500 (Liste des interdictions 2026 de l’AMA). La classe S0 de la liste interdit les substances « with no current approval by any governmental regulatory health authority » (sans autorisation actuelle d’une autorité sanitaire gouvernementale), et la thymalfasine est autorisée dans plusieurs pays. Nous n’avons trouvé aucune décision spécifique de l’AMA à son sujet.
Ce que montre la recherche
La plupart des essais étaient de petite taille, en ouvert ou menés avant l’existence des traitements standard actuels. Beaucoup étaient financés par le fabricant. Le tableau résume les données les plus solides par usage :
| Usage | Meilleure donnée | En résumé |
|---|---|---|
| Sepsis | Essai randomisé de phase 3 en double aveugle, n = 1 106 | Aucun effet sur la mortalité à 28 jours |
| Hépatite B chronique | Revue Cochrane, 10 essais randomisés, n = 1 349 | Données de très faible certitude ; bénéfice incertain |
| Hépatite C chronique | Essai randomisé contrôlé contre placebo avec l’ancien traitement par interféron, n = 109 | Taux de réponse plus élevés qu’avec l’interféron seul ; dépassé depuis les antiviraux modernes |
| COVID-19 | Méta-analyse de 9 études, n = 5 352 | Aucun effet global sur la mortalité |
| Mélanome métastatique | Essai randomisé de phase 2, n = 488 | Quelques réponses supplémentaires ; différence de survie non significative |
| Muscle, récupération, performance | Aucune | Non étudié chez l’humain |
Sepsis
Le sepsis est le domaine où les essais sont les meilleurs. Le premier essai multicentrique, ETASS, a réparti par randomisation 361 patients chinois atteints de sepsis sévère entre la Tα1 (1,6 mg deux fois par jour pendant 5 jours, puis une fois par jour pendant 2 jours) et un groupe contrôle, seuls les patients étant en aveugle (Wu et al., Crit Care 2013). La mortalité à 28 jours était de 26,0 % avec la Tα1 et de 35,0 % dans le groupe contrôle (RR 0,74, IC à 95 % 0,54–1,02), un résultat limite.
L’essai de phase 3 suivant, TESTS, a été conçu pour le confirmer. Il a réparti par randomisation 1 106 adultes atteints de sepsis dans 22 centres chinois entre 1,6 mg de Tα1 et un placebo par voie sous-cutanée toutes les 12 heures pendant 7 jours, patients et médecins étant en aveugle (Wu et al., BMJ 2025) :
| Critère | Thymosine alpha-1 (n = 542) | Placebo (n = 547) |
|---|---|---|
| Mortalité toutes causes à 28 jours | 23,4 % | 24,1 % |
| Hazard ratio | 0,99 (IC à 95 % 0,77–1,27) | — |
| Tout événement indésirable | 66,4 % | 67,6 % |
| Événement indésirable grave | 26,8 % | 29,3 % |
Aucun critère secondaire ne différait. Une analyse de sous-groupe prédéfinie suggérait un bénéfice possible chez les patients de 60 ans ou plus et un effet nocif possible chez ceux de moins de 60 ans (HR 1,67, IC à 95 % 1,04–2,67), mais de tels résultats de sous-groupes ne servent qu’à générer des hypothèses. L’essai a été en partie financé par SciClone, le fabricant de Zadaxin.
Une méta-analyse de 2025 portant sur 11 essais randomisés (1 927 patients) a montré une mortalité globale plus faible (OR 0,73, IC à 95 % 0,59–0,90). Le bénéfice disparaissait lorsque seuls les essais de haute qualité (OR 0,82, IC à 95 % 0,65–1,03) ou les essais multicentriques (OR 0,86, IC à 95 % 0,68–1,08) étaient analysés (Gu et al., Front Cell Infect Microbiol 2025). La FDA a noté que tous les essais sur le sepsis avaient été menés en Chine et que les recommandations sur le sepsis ne mentionnent pas la Tα1.
Hépatite B chronique
C’est l’un des principaux usages autorisés de la Tα1 à l’étranger, mais les données sont faibles. Dans un essai américain de phase 3, 97 patients ont reçu 1,6 mg de Tα1 ou un placebo deux fois par semaine pendant 6 mois (Mutchnick et al., J Viral Hepat 1999). Une réponse complète (disparition durable de l’ADN viral et du marqueur HBeAg) est survenue chez 14 % contre 4 % (P = 0,084). Les auteurs ont écrit que les résultats ne confirmaient pas les rapports antérieurs d’efficacité.
Une revue Cochrane de 2026 a regroupé 10 essais randomisés portant sur 1 349 adultes, publiés entre 1991 et 2018 (Naing et al., Cochrane 2026) :
| Critère | Risque relatif (IC à 95 %) | Essais, patients | Certitude |
|---|---|---|---|
| Mortalité toutes causes | 0,53 (0,29–0,96) | 3, 907 | Très faible |
| Événements indésirables graves | 0,72 (0,53–0,99) | 5, 1 056 | Faible |
| Maladie liée à l’hépatite B | 0,86 (0,54–1,40) | 3, 854 | Très faible |
Les auteurs de la revue ont conclu qu’ils n’étaient « not sure » (pas certains) que la Tα1 réduise la mortalité ou les événements indésirables graves, en raison du risque de biais et de l’imprécision. La FDA a ajouté que de nombreux essais utilisaient des comparateurs dépassés comme l’interféron, et qu’aucune donnée ne montre que la Tα1 apporte un bénéfice en plus du traitement standard actuel (document d’information de la FDA, 2024).
Hépatite C chronique
Un essai américain en double aveugle a réparti par randomisation 109 patients entre Tα1 1,6 mg deux fois par semaine plus interféron, interféron seul et placebo pendant 26 semaines (Sherman et al., Hepatology 1998) :
| Critère | Tα1 + interféron | Interféron seul | Placebo |
|---|---|---|---|
| ALAT normales en fin de traitement | 37,1 % | 16,2 % | 2,7 % |
| ARN du VHC éliminé en fin de traitement | 37,1 % | 18,9 % | — |
| Réponse ALAT prolongée | 14,2 % | 8,1 % | — |
Ces résultats datent de l’ère de l’interféron. Les antiviraux oraux modernes guérissent la plupart des hépatites C, et la FDA n’a trouvé aucune donnée sur l’intérêt d’y ajouter la Tα1.
COVID-19
La Tα1 a été largement utilisée pour traiter la COVID-19. Une méta-analyse de 9 études portant sur 5 352 patients n’a montré aucun effet sur la mortalité (RR 1,03, IC à 95 % 0,60–1,75), avec une hétérogénéité très élevée entre les études (I² = 90 %), et a conclu que les données ne soutiennent pas son utilisation chez les adultes hospitalisés (Shang et al., Int Immunopharmacol 2023). Un petit essai pilote randomisé américain en ouvert (n = 49) n’a montré aucune différence significative de rétablissement clinique, bien que les lymphocytes T CD4+ aient augmenté plus vite dans un sous-groupe (Shehadeh et al., J Infect Dis 2023).
Mélanome métastatique
Une étude randomisée de phase 2 a réparti 488 patients en cinq bras associant la chimiothérapie par dacarbazine à la Tα1 (1,6 ; 3,2 ou 6,4 mg), à l’interféron alfa, ou aux deux (Maio et al., J Clin Oncol 2010). Les deux bras Tα1 3,2 mg ont obtenu 10 et 12 réponses tumorales contre 4 dans le bras contrôle. La survie globale médiane était de 9,4 mois avec la Tα1 contre 6,6 mois sans (HR 0,80, P = 0,08), une différence non statistiquement significative. Les immunothérapies actuelles du mélanome ont remplacé les schémas utilisés comme comparateur.
Réponse vaccinale et autres usages
De petites études chez des personnes âgées et des personnes atteintes d’insuffisance rénale terminale ont rapporté des taux d’anticorps plus élevés lorsque la Tα1 était ajoutée aux vaccins antigrippaux. La FDA les a jugées exploratoires, avec des résultats variables et aucun lien avec des critères cliniques comme la survenue de la grippe (document d’information de la FDA, 2024). La FDA est parvenue à la même conclusion de « preuves insuffisantes » pour le VIH, le cancer du foie, le cancer du poumon, les infections après greffe de cellules souches, la BPCO et le syndrome de fatigue chronique.
Muscle, récupération et performance
Nous n’avons trouvé aucune étude contrôlée chez l’humain sur la thymosine alpha-1 pour la croissance musculaire, la récupération après blessure, la composition corporelle ou la performance sportive. Les allégations dans ces domaines sont extrapolées de ses effets immunitaires et ne reposent sur aucune donnée directe.
Effets indésirables et risques
Tolérance dans les essais
Dans l’ensemble des essais, la Tα1 à des doses d’environ 1–16 mg par voie sous-cutanée, pendant jusqu’à 12 mois, a été généralement bien tolérée. Les réactions les plus fréquentes étaient une irritation locale, une rougeur ou une gêne au point d’injection (document d’information de la FDA, 2024). Dans l’essai TESTS sur le sepsis, les taux d’événements indésirables et d’événements indésirables graves étaient semblables à ceux du placebo (voir le tableau ci-dessus). La notice indonésienne de Zadaxin rapporte des événements indésirables liés au médicament chez moins de 1 % de plus de 2 000 personnes. Les événements rares qui y sont mentionnés comprennent éruption cutanée, rougeur, douleurs articulaires avec gonflement des mains et atrophie musculaire transitoire.
Signaux spécifiques
L’évaluation de la FDA a mis en avant plusieurs résultats d’études individuelles :
- Poussées d’enzymes hépatiques dans l’hépatite B. Dans un essai japonais de 316 patients, 22 ont présenté des hausses transitoires des enzymes hépatiques (ALAT), et le traitement a été suspendu chez 16 d’entre eux ; tous se sont rétablis (Iino et al., J Viral Hepat 2005). La notice indonésienne met aussi en garde contre les poussées d’ALAT.
- Modifications thyroïdiennes avec l’interféron. Deux patients sous Tα1 plus interféron ont présenté une suppression transitoire de la TSH suivie d’une élévation (Sherman et al., Hepatology 1998). L’interféron seul peut provoquer ce phénomène ; le rôle de la Tα1 n’est donc pas clair.
- Greffe de cellules souches. Dans une petite série, 1 des 6 receveurs de greffe ayant reçu de la Tα1 avec des lymphocytes du donneur a développé une anémie hémolytique immune mortelle (destruction des globules rouges par le système immunitaire). La FDA a indiqué qu’on ne savait pas si la Tα1 y avait contribué, mais a signalé une inquiétude concernant la maladie du greffon contre l’hôte et l’échec de greffe dans ce contexte.
Qui ne doit pas l’utiliser, selon les notices étrangères
- Patients volontairement immunodéprimés, comme les receveurs de greffe d’organe : contre-indication sauf si les bénéfices l’emportent clairement sur les risques (Indonésie).
- Enfants : ne doit pas être utilisée (Italie).
- Grossesse et allaitement : contre-indication (Italie).
- Personnes allergiques ou atopiques : utiliser avec prudence (Italie).
- Maladie auto-immune : évaluer au cas par cas (Italie).
- Autres médicaments modifiant l’immunité : prudence en cas d’association (Italie).
Immunogénicité et qualité des produits
En tant que peptide de 28 acides aminés injecté sous la peau, la Tα1 peut déclencher la formation d’anticorps dirigés contre elle-même, un risque qui, selon la FDA, peut être amplifié par l’agrégation (l’agglomération des molécules de peptide) et les impuretés de fabrication. La FDA n’a trouvé aucune donnée publiée sur les impuretés, les agrégats, la charge microbienne ou les endotoxines bactériennes des substances en vrac. Elle a aussi noté que l’injection en préparation magistrale à 3 mg/mL qui lui avait été proposée est plus concentrée que tout produit testé dans les essais (maximum 2 mg/mL), et que la Tα1 en préparation magistrale est aussi vendue en spray nasal (document d’information de la FDA, 2024). Un produit acheté comme « peptide de recherche » ne fait l’objet d’aucun contrôle réglementaire de son identité, de sa dose ou de sa stérilité.
Points clés
- Un vrai médicament à l’étranger, pas aux États-Unis. La thymalfasine (Zadaxin) est autorisée dans plusieurs pays pour l’hépatite B et comme adjuvant du vaccin antigrippal, mais elle n’a jamais été autorisée par la FDA.
- Le plus grand essai a été négatif. Chez 1 106 adultes atteints de sepsis, la Tα1 n’a pas modifié la mortalité à 28 jours (23,4 % contre 24,1 %). Les signaux positifs antérieurs provenaient d’études plus petites et moins rigoureuses.
- Une présence brève dans le sang. Le pic survient 1–2 heures après l’injection et la demi-vie est d’environ 2 heures, sans accumulation en administration quotidienne.
- Généralement bien tolérée, avec des réserves. Les réactions au point d’injection sont le principal effet indésirable. Des poussées d’enzymes hépatiques dans l’hépatite B et la nécessité de prudence chez les greffés ou les patients immunodéprimés sont documentées.
- La FDA et ses conseillers ont dit non à la préparation magistrale. Les évaluateurs ont jugé les preuves insuffisantes pour 12 usages, le comité a voté à 17 contre 4 contre, et la FDA la classe comme risque potentiel pour la sécurité.
- Différente du TB-500 et de la thymuline. La thymosine bêta-4/TB-500, la thymuline, la thymaline et le thymagen sont des molécules distinctes, avec des données distinctes.
Sources
- Food and Drug Administration. FDA briefing document: Evaluation of thymosin alpha-1 (Ta1)-related bulk drug substances (Ta1 (free base) and Ta1 acetate) for inclusion on the 503A bulk drug substances list. Pharmacy Compounding Advisory Committee meeting, 4 décembre 2024 (note datée du 15 novembre 2024). FDA.
- Food and Drug Administration. Summary minutes of the Pharmacy Compounding Advisory Committee meeting, 4 décembre 2024. FDA.
- Food and Drug Administration. Certain bulk drug substances for use in compounding that may present significant safety risks. Contenu à jour au 22 avril 2026. FDA.
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- Romani L, Bistoni F, Gaziano R, et al. Thymosin alpha 1 activates dendritic cells for antifungal Th1 resistance through toll-like receptor signaling. Blood. 2004;103(11):4232–4239. PubMed.
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- Wu J, Pei F, Zhou L, et al. The efficacy and safety of thymosin α1 for sepsis (TESTS): multicentre, double blinded, randomised, placebo controlled, phase 3 trial. BMJ. 2025;388:e082583. PubMed.
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